Protéger les sols et les espaces tampons
Protéger les sols et les espaces tampons

Protéger les sols et les espaces tampons

Nos actions > Protéger les sols et les espaces tampons

NOS ACTIONS DE GENIE ECOLOGIQUE POUR PRESERVER LA RESSOURCE EN EAU

Le Plan Pluriannuel de Gestion (PPG) DU SYMAR Val d'Ariège prévoit la mise en place d'une stratégie de gestion durable sur le bassin versant de l'Ariège. Dans son axe 2, "Vers un système fluvial vertueux", le programme de gestion prévoit notamment de travailler en partenariat avec le monde agricole et d'organiser les échanges sur la bonne gestion en bord de champs.

 DES PAYSAGES EN CONSTANTE MODIFICATION 

De fortes modifications des paysages ruraux ont eu lieu au cours de ces 70 dernières années. Ces transformations sont principalement dues aux expansions urbaines dans certains secteurs et aux changements des pratiques culturales.

A partir de 1945, il y a eu une accélération de la modernisation des outils agricoles. La mécanisation de l'agriculture permettait alors aux exploitants de cultiver des surfaces plus étendues.

Cependant, le morcellement des terres n'était pas adapté à la performance de ces nouvelles machines. Par conséquent, cette modernisation des outils a entrainé une profonde modification des paysages ruraux avec un aménagement important du foncier agricole. Les petites parcelles ont été regroupées, ce qui a permis aux agriculteurs de cultiver une seule espèce sur de grandes surfaces, là ou à l'époque il y avait plusieurs types de cultures.

UNE MODIFICATION DE LA STRUCTURE DES SOLS

Les nouvelles techniques d'exploitation et les labours réguliers sur de grandes parcelles durant plusieurs décennies ont modifié la structure, la composition et la vie biologique des sols. Dans certains secteurs, le travail du sol et l'utilisation de produits chimiques (engrais et / ou produits phytosanitaires) ont progressivement entrainé dans les sols une :

  • baisse de la teneur en matière organique (MO),
  • diminution de la densité et de l'activité des micros et macro-organismes.

Le manque de MO et la diminution de l’activité biologique impactent de manière considérable le fonctionnement du sol, sa structure et son pouvoir d’infiltration. En l’absence de MO et d’activité biologique, les sols se tassent, deviennent compacts. L’eau, qui ne peut pas s’infiltrer, ruisselle ce qui peut provoquer des phénomènes d’érosion des terres plus importants. La diminution de l’activité biologique et l’érosion des sols abaissent la productivité des exploitations et leur durabilité dans le temps.

N.B. L’érosion du sol est un phénomène naturel dont l’intensité varie en fonction de la typologie des sols, du relief et des intempéries. Cependant, il est important de rappeler ici que certaines pratiques peuvent augmenter ce processus.

DES CONSTATS ALARMANTS SUR LES VERSANTS

Aujourd'hui, des constats inquiétants sur les versants

  • Peu de corridors connectés et fonctionnels
  • Diminution de la biodiversité faunistique et floristique
  • Diminution de l’activité biologique des sols
  • Diminution de l’infiltration de l’eau entrainant des ruissellements importants
  • Diminution de la biomasse et de la matière organique présentes dans les sols et les cours d’eau
  • Erosion des sols
  • Coulées de boues
  • Colmatages des cours d’eau
  • Pollutions diffuses des eaux (de surface et souterraines)
  • Réchauffement de l’eau des cours d’eau et assèchement des zones humides
  • Peu de zones de fraîcheur à cause d'un manque de végétation arborée qui apporte de l'ombre

Photographie : SYMAR Val d'Ariège

Photographie : SYMAR Val d'Ariège

Des pratiques qui peuvent être mises en place demain

  • Limiter/arrêter le travail du sol
  • Implanter des haies
  • Implanter des boisements sur les versants et en bord de cours d’eau
  • Laisser se développer la végétation spontanée en zones non cultivées (bords de champs, berges de cours d’eau, ...)
  • Reconnecter les corridors
  • Développer l’Agroforesterie
  • Limiter/arrêter l’utilisation de produits chimiques
  • Développer des couverts entre les cultures
  • Réaliser du semis sous couvert

Ces pratiques combinées permettraient :

  • Une augmentation de la biodiversité
  • Un ralentissement des flux d’eau et une meilleure infiltration de l’eau dans les sols
  • Une diminution de l’érodabilité des terrains
  • Une augmentation de la biomasse et de la matière organique
  • Une augmentation des zones refuges et des zones de fraîcheurs
  • Une augmentation de la continuité écologique
  • Un meilleur maintien des berges
  • Une limitation des érosions des versants et donc des coulées de boues

LES ACTIONS DU SYMAR VAL D'ARIÈGE POUR PRÉSERVER LA RESSOURCE EN EAU

LES RIPISYLVES

Dans les zones exploitées, il est courant de voir des cours d’eau bordés par une bande enherbée appelée zone tampon. Cette bande tampon en bordures de ruisseaux, que doivent laisser les propriétaires ou les exploitants, doit être d’une largeur minimale de 5 mètres.

Photographie : SYMAR Val d'Ariège

La végétation de cette zone tampon peut être herbacée, arbustive, semi-ligneuse ou ligneuse. Le but étant que le couvert soit permanent, couvrant et filtrant.

Dans la réglementation, il est indiqué que la largeur de cette bande tampon, nécessaire au cours d’eau et obligatoire, prend en compte la largeur des ripisylves. Ainsi, combiner sur ces zones souvent coûteuses en entretien, une partie ligneuse côté cours d’eau et une partie enherbée côté champs semble être la solution la plus adaptée pour préserver la ressource en eau et les milieux, favoriser la biomasse et la biodiversité, sans compromettre les déplacements autour des parcelles.

Le couvert végétal de cette bande peut être implanté ou spontané.

PLANTATIONS DE RIPISYLVE

Afin de retrouver des milieux fonctionnels, le SYMAR Val d'Ariège effectue chaque année, avec la coopération d'agriculteurs, de nombreuses opérations gratuites de plantations en automne et en hiver. L'objectif est de rétablir des corridors verts bénéfiques à l’Homme et aux milieux. Le syndicat procède à un suivi régulier de ces plantations en les arrosant et en les taillant.

Ces plantations en bord de cours d’eau permettent de :

  • décompacter le sol sous la surface, ce qui augmente la capacité d’infiltration de cette zone et donc l’épuration des eaux de ruissellement ;
  • stabiliser les berges ;
  • créer de l'ombre ;
  • générer un effet de frein hydraulique et ainsi lutter contre les inondations lors d'évènements pluvieux ;
  • reconstituer une zone refuge.

Photographies : SYMAR Val d'Ariège

RÉGENÉRATION NATURELLE

Le syndicat sensibilise les propriétaires et exploitants riverains des cours d’eau sur l’importance de la dynamique végétale présente, ou qui peut se développer sur leurs parcelles et en bords de cours d’eau.

Cette dynamique végétale spontanée va débuter par le développement d’espèce pionnières qui sont les premières à coloniser les espaces nus et ouverts à la lumière (ronces prunelliers, genêts …). Cette étape délicate, qui peut sembler inesthétique, est nécessaire. En effet, les premières espèces qui s’installent décompactent, enrichissent le sol et protègent les jeunes plants de plantes ligneuses qui poussent spontanément. Ce cortège de plantes pionnières laissera place dans quelques années aux arbustes et aux arbres qui auront pris le dessus.

Le syndicat apporte des conseils aux riverains (propriétaires et exploitants) qui souhaitent laisser une végétation spontanée s’installer. Aussi, le SYMAR Val d’Ariège s’engage à un suivi régulier de cette végétation afin d’accompagner les successions végétales.

Source : agroforesterie.fr

RÉGÉNÉRATION NATURELLE SUR D’AUTRES ZONES NON AGRICOLES

Accotements de routes, bordures de champs, de chemins… ces zones qui ne contribuent pas directement à la production et qui nécessitent un entretien souvent coûteux sont régulièrement perçues comme des contraintes pour les propriétaires riverains ou les exploitants. Ces espaces peuvent cependant fortement participer à la performance économique et environnementale d’une propriété ou d’une exploitation, en permettant la production de bois et de biomasse, tout en protégeant le sol, la ressource en eau, le paysage et en favorisant la biodiversité.

Pour cela il faut laisser la végétation locale s’installer de façon spontanée tout en l’accompagnant et en respectant les aspects réglementaires.

IMPLANTATION DE HAIES

Le SYMAR Val d’Ariège sensibilise les propriétaires et les exploitants sur l’importance de disposer, sur un bassin versant, d’un maillage de haies suffisant pour :

  • Permettre une meilleure infiltration de l'eau dans les sols
  • Limiter l'érosion
  • Diminuer l’impact des coulées de boue
  • Apporter de la biodiversité et de nouveaux habitats pour la faune locale
  • Rétablir la continuité écologique entre les corridors
  • Préserver et augmenter la biodiversité
  • Limiter le ruissellement de l’eau et les érosions hydriques de sols
  • Limiter l’impact des coulées de boue
  • Limiter les érosions éoliennes des parcelles
  • Favoriser le ralentissement des vitesses d’écoulement en cas de crues (haies brise crue)

Le syndicat peut apporter son expertise technique aux propriétaires et aux exploitants qui souhaitent implanter des haies sur leurs parcelles.